Il y a quelques jours je suis passé à cette excelletente librairie, la librairie Delamain, place Colette, face au Palais Royal.....Une vraie librairie où l'on aime ce que l'on vend..où le parquet grince....où les livres grimpent le long des murs...et tout l long aussi un rail pour poser une échelle...et peut être découvrir, perdu, un chef d'oeuvre endormi...
Je n'y passe pourtant guère souvent...à tort...on devrait se forcer à cotoyer des lieux d'intelligence...Lorsque je passe là bas...je laisse mon regard se poser sur des ouvrages généralement méconnus ou peu mis en avant au pays du commerce...et puis ces petites notes manuscrites témoignant de l'enthousiasme d'un lecteur..qui ? je ne sais..
J'y ai acheté, au hasard des caresses de mon regard sur les étals ouverts, deux romans...Celui-ci est le premier..une seconde fiche pour très bientôt...
L'aiteur dont jusqu'à présent jamais je n'avais entendu parler, évoque au travers de cet ouvrage neuf portraits de femmes...femmes que, pour la plupart, il n'a jamais croisées...Des femmes qui portent en elle le mystère féminin...femmes "si soucieuses d'incendier leur vie"...Quels tempéraments...de veritables vampires...dévoreuses..insatiables amantes...
Des femmes qui ont été jusqu'au bout de leur tempérament, au mépris des règles de leur milieu...Nancy Cunard par exemple....héritière de l'illustre compagnie maritîme...allant jusqu'au bout de ses idées, de ses désirs...fascinée par l'homme noir..méprisant l'argent et mourrant ruinée...Ou Louise de Vilmorin qui multiplie les amants, séduit, écrit joue avec les mots et reve sa vie..Autre héroïne..Laure..ou plutôt Colette Peignot...La citation l'évoque...qui voulut aller jusqu'au bout de la souillure...de la soumission....de l'avilissement...qui, après bien ds recherches, bien des amants., ..apres avoir croisé le chemin des surréalistes., était allée dans ce Berlin mythique de l'entre deux guerres. pour y poursuivre sa quete des laisirs......finalement trouva son âme damnée en Georges Bataille, ce maître pervers...dont elle disait "C'est auprès de vous que j'ai vécu mon temps le plus chrétien..."
Monsieur Enthoven témoigne dans ce roman d'une très grande qualité de style...c'est un admirable prosateur...il sait écrire...il le montre....c'est un homme de mots..un homme d'esprit aussi...pls peut être qu'un homme d'âme ?
J'ai aimé les mots, les verbes, les phrases finement ciselées...mais je suis resté un peu loin de ses héroïnes....peut être ne suis je pas pleinement entré dans son jeu...dons son monde de l'intelligence peut être trop loin du mien ?
Je m'y suis un peu ennuyé. Mais probablement aussi ne suis-je pas à même, par mon vécu, ma culture, mes attirances, de percevoir l'esprit , l'intelligence brillante et la délicatesse de cet ouvrage...
oeuvre...La perfection du trait peut conduire au sublîme...l'aveuglement volontaire...L'individualité c'est le monde réel...or le monde réel n'a aucun droit dans l'art...L'individu...est-ce la mort de la tradition ? et la mort de la tradition c'est la mort de l'Empire....
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